Samedi 28 mai 2011 6 28 /05 /Mai /2011 15:15

Comment dissocier faim et concurrence ?

 

Tant que j'ai le ventre plein, et l'esprit (drôle de mot qui veut tout et rien dire), disons "mind", puisque l'anglais spécifie le "mental", al de mens, c'est-à-dire "lumière, ou information inscrite dans le monde terrestre, c'est-à-dire inscrit sous le cercle de la Lune, monde sublunaire, espace dévolu aux hommes incarnés, incapables, comme le disait Saint Paul, de regarder le soleil en face, tant que mon ventre me laisse en paix, ce qui signifie prosaïquement que j'ai assez - mais pas trop - mangé, je fous la paix aux autres.

 

Tant qu'eux me foutent la paix : "Laissez-moi dormir !" est un cri primal, ou juste après.

 

Tant que je vis au paradis terrestre, pour pas un radis, tant que les sources de lait et de miel me coulent dans la gueule, tant que les gonzesses affluent, et le fric, et tout ce qui fait bander, pas de raisons de s'inquièter.

 

Mais, le hic, c'est qu'à cause de cette putain d'injonction de Jéhovah, à force de multiplier, il y a du monde partout, même dans mon jardin.

 

Je n'ai pas la moindre intention de partager les légumes qu'à force de rapine et de pression sociale, j'arrive à faire récolter par mes esclaves.

 

Naissance de la concurrence.

 

Voilà que j'étais pépère dans mon hamac, et voici que ces putains de pauvres ou de nouveaux riches me bousculent et m'envahissent ? 

Par l'aigre faim
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Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 09:20

On ne mange pas toujours de la même manière. Les vieux chiens suçotent les croquettes en bavouillant.

 

Où sont passées les tonnes de papier, qu'est-il advenu des torrents de décibels que j'ai versé en vrac par les portes de mes oreilles et les fenêtres de mes yeux dans le vide cosmique de ma curiosité jamais repue ?

 

Une phrase de Tchouang Tseu, le chant d'un merle suffisent ou suffiraient presque à me combler.

 

Presque. Car la faim n'a pas cessé.

 

Si le vieux chien grignote ses croquettes ramollies, il a encore besoin de s'alimenter.

 

Tant qu'on existe...

Par l'aigre faim
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Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 08:05

La boulimie, c'est la capacité à manger un boeuf. Une sorte de "pornéia", cette faim du bébé, faim de contact, d'aspiration, de plénitude, de sommeil et au-delà, souvenir du Plérôme, cet état où nous n'étions pas encore dissociés comme aujourd'hui.

 

Je sifflotais jusqu'à la nausée la cinquième des  Bachianas Brasileiras, et ça me fit repenser aux nuits où j'écoutais en boucle le Nursery Crime de Genesis, ou les sonates pour piano de Beethoven.

 

 
L'époque où j'avalais d' homériques omelettes  suivies ou précédées de tranches rabelaisiennes de jambon ou de larges parts de terrines, entre les débris disloqués des futailles éventrées.
 
Où le désir du corps ne retombe que lorsque la brute s'écroule. Faim de livres et de nouveauté, mais aussi répétition à la nausée des mêmes mets, juqu'à ce que le goût s'en épuise, jusqu'à la négation, au refus, au néant.
 
Les sensations finissent heureusement par laisser apparaître qu'elles ne sont que néant.
 
Mais il faut s'en gorger jusqu'à l'apnée, s'y vautrer comme Picsou dans son or, traverser la tempête rugissante, pour deviner enfin le port, au loin.

 

 

Par l'aigre faim
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Vendredi 13 mai 2011 5 13 /05 /Mai /2011 07:00

Pardonne à ceux que je blesse lorsque je dis ou fais ce qui sort de moi,

 

Mais tranche moi la langue ou la main si je l'ai fait par cruauté.

 

Pardonne à ceux qui voient le mal sous leurs yeux

 

Alors que leurs yeux sont fermés.

 

Pardonne moi lorsque je te cherche

 

Et qu'en te cherchant je renverse des idoles moisies

 

Que les foules adorent révérencieusement;

 

Car j'ai déjà vu une femme prier devant une statue

 

Elle priait pour son fils ou sa fille

 

Et je voyais un câble tendu entre elle et ce morceau de bois peint

 

Et je sais que ces prières pour avoir pour obtenir

 

Même lorsque le coeur est sincère et que c'est pour un autre

 

Ont ou peuvent avoir des effets pervers,

 

Que c'est comme une drogue ou un mauvais médicament.

 

Pardonne-moi si je me trompe, ou si j'induis en erreur,

 

Lorsque je te cherche avec un coeur pur,

 

Et pardonne à ceux que je trompe ainsi.

 

Mais si mon coeur n'est pas pur,

 

Si ma bouche et mon coeur ne cherchent que leur avantage,

 

Tranche.

 

Je ne prie jamais,

 

Mais tu sais que je prie sans cesse.

 

Je prie quand je me moque, quand je conforte ou quand je découpe au scalpel.

 

Mais si ce n'est pas une prière, si c'est de la pure jouissance de dominer,

 

Tranche.

 

Arrache ma langue, crève mes yeux, rends moi fou, égare moi dans le sable des temps.

 

Si j'oublie la crainte pour tomber dans l'orgueil,

 

Tranche.

 

Si c'est en te cherchant que je tombe dans l'orgueil, le meurtre et le mensonge,

 

Tranche,

 

et pardonne.

Par l'aigre faim
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Samedi 7 mai 2011 6 07 /05 /Mai /2011 08:33

Comment vivre sans peur ?

 

On nous raconte que nos ancêtres terrorisés par les tigres à dents de sabre ou les grizzlis ont découvert la maîtrise du feu pour s'en défendre.

 

La peur rend intelligent, développe l'observation, l'attention, ouvre l'imagination.

 

Il y a plusieurs sortes de peur. 

 

Henri Laborit faisait l'éloge de la fuite. Une peur nous colle au sol, nous tétanise, une autre nous donne des ailes.

 

 

Vous qui lisez ces lignes êtes le produit de gens qui ont pris la fuite, les plus intelligents. Les autres ont été bouffés.

 

On oublie cependant que l'horrible dévoration de la mouche par l'araignée est indolore, que dans tous les rêgnes de la Nature, la mort et les violences apparentes sont accompagnées de judicieux oipums qui insensibilisent et rendent comme étranger aux affres. C'est pour cela que nous avons toujours peur.

 

Peur par ignorance ou oubli que seule la peur fait mal. Mais c'est bon, d'avoir peur. Ça meuble, ça fait une occupation, ça donne de l'importance et du relief au vide.

 

Le vide de l'existence est insupportable, comme celui de l'estomac.

 

Les illuminati sont les monstres d'aujourd'hui. Pour certains, ce sont les islamistes. Pour d'autres les reptiliens et autres aliens.

 

 

Une forme de prière courante :

 

Mon Dieu, donnez nous aujourd'hui notre peur quotidienne,

 

Mais n'en faites pas trop quand même.

Par l'aigre faim
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